Better than free: petite discussion entre amis

avril 14th, 2009 · 9 Comments ·

Je voulais au départ créer un article de 15 pages sur le sujet, le découper en plusieurs parties, et au final matérialiser mon opinion sur le sujet. Je me rends compte que le sujet est bien trop complexe et qu’une petite discussion entre amis suffira amplement pour commencer 🙂

De quoi s’agit-il ? Des business models d’un web ou l’information et les données sont copiées à la vitesse de la lumière.

Tout d’abord écrit par Kevin Kelly, traduit par David, «Better than free» a fait beaucoup parler et c’est une bonne occasion pour rebondir sur le sujet. Et je vais même rebondir sur la toute première phrase de l’article: «The internet is a copy machine» et je souhaiteras l’étendre avec une vision plus anthropologique «L’humain est une machine à copier». Et oui nous sommes de grands primates, nous apprenons et créons par mimétisme. La structure d’internet, couplée à notre nature, nous fait vivre aujourd’hui dans un monde ou l’information est copiée sans relâche à un cout presque nulle. Bienvenue dans l’écosystème des copies.

Retournons à nos business models avec une autre citation de Kevin:

«Lorsque les copies sont gratuites, vous devez vendre des choses qui ne peuvent être copiées.»

Cela m’a amené à me dire que si le coût de la copie est 0, c’est que la valeur doit se trouver avant et après cette copie. J’en suis arrivé à la conclusion que les principales étapes amenant à la monétisation de contenus gratuits sont:

  1. créer ou trouver une information rare et demandée.
  2. valoriser cette information en lui donnant du sens et en la faisant vivre.
  3. monétiser cette diffusion

Je ne vais pas re-développer chacune des 8 génératrices de Kevin Kelly, et pourtant il y aurait beaucoup à dire. Ce que je peux souligner c’est que ces 8 conseils s’appliquent très bien aux étapes 1 et 2 que j’ai citée. J’ai été particulièrement sensible à l’immédiateté, la personnalisation, et la trouvabilité sans oublier l’interprétation, cœur de l’édition 2.0 (j’ai sûrement passé trop de temps avec Cratyle ces derniers temps).

Mais ce qui m’a frappé dans l’article de Kevin Kelly, ou encore dans l’exemple de David Larlet, c’est que la création de valeur était bien expliquée mais pas sa monétisation, plutôt génant pour un article qui traite de business model. Et autant dire que le coup du mécénat et des dons ne m’a pas convaincu mais alors pas du tout 🙂

Reprenons. Vous avez crée ou trouver une information rare et demandée, vous avez travailler cette information en lui donnant du sens et en la faisant vivre, et maintenant vient le moment de la monétiser, de monétiser votre position dans le vaste cycle de la copie.

Pour moi il y a une question capitale à se poser: comment est-ce que je diffuse mon contenu? Par quels mécanismes? Quels procédés? Comprendre ces rouages vous permettront d’intégrer toute sorte de clients qui seront prêt à payer pour être présent lors de cette diffusion.
Voici quelques exemples de diffusions:

  • Un réseau social partageant des spots de sport-extrême fera payer les acteurs locaux (boutiques de location, hôtels) pour participer au processus de diffusion de l’information. J’ai réalisé un business plan sur le sujet l’an dernier, les premières investigations étaient très encourageantes.
  • Un blogue spécialisé dans les start-up web organise une conférence permettant aux membres de sa communauté de discuter et d’échanger dans un cadre plus humain. Entrée gratuite mais le blogueur fera sponsoriser sa soirée.
  • Un créateur de vidéos tire des revenus publicitaires à la fin d’une diffusion. La publicité reste un modèle d’avenir pour certains services web.
  • Le musicien diffuse gratuitement ses mp3 en ligne. Mais lors d’un concert, le propriétaire de la salle paye l’artiste pour qu’il vienne partager sa musique en live. Pour moi les concerts restent un bon moyen pour faire vivre les artistes.
  • Twitter créé des services payant pour permettre aux entreprises de comprendre et de s’insérer dans la diffusion des messages. L’intérêt de bien comprendre ses propres mécanismes de diffusion.

Il s’agit donc d’une réelle réflexion sur comment votre site web, votre blogue, votre réseau social, votre groupe, comment vous pouvez monétiser le processus de diffusion de vos contenus. Et comme vous pouvez le voir dans les quelques exemples que j’ai donné, cela ne passe pas forcément par la publicité et cela ne passe pas forcément par du 100% online.

Si vous voulez rebondir sur le sujet, rebondissez, sinon restez assis (ok je sorts…).
Si vous voulez approfondir le sujet je vous recommande de parcourir les cartes du wallen’s et plus spécifiquement sa carte freemium:

Finance Business model Freemium

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9 responses so far ↓

  • Je ne pense pas que la publicité soit ni un business model ni une monétisation viable à terme…oui je sais Google fait beaucoup d’argent avec la pub, mais pour toutes les startups web c’est quand même la solution de facilité quand on a pas trouvé mieux…moi j’éviterai la pub pour monétiser un site, l’audience doit d’ailleurs être énorme pour que ça soit rentable…d’ailleurs je pense que la pub a eu son âge d’or sur le web ces dernières années, mais va inévitablement décliner quand les annonceurs se rendront compte que le cerveau des internautes les écarte automatiquement de leur lecture des pages web…

    Pour ce qui est de la musique, je défend aussi depuis longtemps l’entrée payante au concert pour financer les musiciens, c’est une valeur ajoutée qui donne au fan une expérience live et unique qu’un mp3 ne pourra jamais apporter…

    Il reste aussi le bon vieux modèle Freemium pour les services en ligne qui ma fois tient quand même la route…

  • Je suis complètement d’accord que le CPM est en chutte libre pour les gros sites généralistes. Mais je pense que la publicité a encore de belles années devant elle sur les communautés de niches: les utilisateurs sont ciblés, les publicités biens intégrées: les CPM restent alors élevés.

  • Le futur c’est le vinyle . Ok, derrière la vanne se cache une réalité intéressante, et je vais extrapoler et faire des généralisations injustifiables. Les gens achètent encore des vinyls, parce qu’on communie bien plus avec un musicien en sortant son vinyle de sa pochète et se posant dans un canapé pour l’écouter qu’en écoutant le même morceau en attendant son train à la gare. Ca a un côté rituel.
    Et maintenant extrapolons:
    Le vinyle permet de créer une relation avec l’artiste. C’est cette relation qui va pousser quelqu’un à acheter sa place de concert 3 mois à l’avance. De même, un service Web doit créer une relation avec ses utilisateurs. Une fois cette relation créée, il devient nettement plus facile de monétiser le trafic. Ensuite, la pub est un moyen qui nuit à cette relation, donc à moins de l’utiliser judicieusement(à la google), il reste à éviter. Mais pourquoi pas leur vendre des tshirts? C’est ce dont vit xkcd.com, par exemple.
    doudiou, je me suis enflammé, il va falloir que je poste quelque chose là dessus

  • Kola Mutama // Août 13, 2009 at 9:31

    Je suis d’accord avec l’ensemble. Un nouveau business model doit être créer ou tout simplement un nouveau business.

    Je ne crois pas non plus au mécénat et autre truc du genre.

    Et je crois certes qu’internet est devenue le lieu où les contenus de loisirs et d’informations traditionnel perdent de leur valeur à partir du moment où elles y atterrissent. Mais je crois aussi que c’est un lieu d’innovation permanent où il faut chaque jour créer de la valeur en apportant de l’information/contenu pertinent. Les cycles étant plus court que dans les anciennes économies…
    Un exemple tout bête étant celui de Twitter: il suffit de twitter régulièrement (surtout si c’est autre chose que son déjeuner) pour se créer une communauté de followers, d’être retwitter, d’être citer et ainsi de suite, mais dès que l’on s’absente un temps soit peu de Twitterland, on est oublié, on perds des followers, finis les RT, les @…
    Il existe même des graphes pour ça et il est même possible de faire des prévisions.

    Bref, tout ça pour dire que le business sur internet doit lui aussi respecter ces rythmes. Fini les cycles de trois voir quatre ans avant d’apporter un nouveau produit. Concept importé de l’industrie. Puis le produit à lui seul ne suffit pas, ce sont les services qui sont derrière qui apportent la valeur ajoutée. Pour le musicien ce sera les concerts par exemple car lors du concert l’artiste et lié au public. Et le public sensible à l’artiste voudra revivre cette experience toujours. Pour les journaux, ou presse pareil, tant qu’il y aura du contenu de qualité, je veux dire une information qui sert vraiment qui participe au processus de décision du lecteur dans son activité régulière et pas juste des pages où l’on se répète pour rajouter des encarts pub, et bien cette presse là vivra. Il faudrait donc qu’elle se spécialise. Fini les fourtout rempli à 90% de pub.
    Tout ça pour dire que je commence à me demander si ce n’est pas un à conflit générationnel que nous assistons. Des vieux concepts auquels se raccroche des anciens encore aux postes de décisions qui voient leur part de fromage maigrir chaque et la génération des « Mattrach » qui préfèrent être en accord avec leur communauté. Résultat pour lui, ses vidéos dans sa chambre jouant de la guitare ou de la batterie ont été vues plusieurs dizaines de millions de fois. Ce garçon n’a plus besoin des Majors. Voici un exemple à méditer…

  • Bien vu, j’avais completement oublié Mattrach.

    En tout cas c’est l’occasion pour beaucoup d’industries de se réinventer, de créer des choses, d’innover. Nous vivons une époque formidable.

  • Pour les concert vous vous tromper bcp, c’est n’est pas un moyen de gagner de l’argent et je sais de quoi je parle. parce que je connais la situation des deux coté.

    Apres payement des droits d’auteur, de la salle, des patentes, des portiers, des techno…

    Une salle de concert a louer coute au bas mot 3000 euro le soir, un groupe coute la même somme.

    On en arrive a un budget de 6000 a 10000 euro le soir au bas mots, disons qu’il ya mille personnes qui payent 5 euro, ca fait 5000 euro.
    Les boissons ce n’est même pas sur de gagner des copecs dessus car la somme revient au propriétaire de la salle.

    Alors oui le concert marche bien quand on s’appelle clearchannel, mais pour tous les autres c’est cacahouètes.

    Alors bien sur ca ne m’empêche pas de continuer par passion, ca ne m’empêche pas non plus d’être employé parfois par des marques ou des évènement ponctuels.
    mais c’est pas du tout quelque choses de rentable le concert, c’est assez marrant de vous entendre dire ça, parce que ca ne rapporte vraiment pas, en tout cas ca ne nourrit pas son homme sauf si vous faites dans l’immobilier et la la réussite est du au marché de l’immobilier bien plus qu’a l’industrie du divertissement.

  • Et puis apres bien sur la musique moderne ou post moderne na aucune raison d’etre consommer en concert.

    Quand vous parlez de concert vous ignorez complètement toute l’histoire de la musique électronique et de la musique pop. en gros 70 pour cent de qui passe a la radio aujourd’hui.
    Sans budget rembourser par l’achat de contenu, pas de clip, pas d’effets mirobolant d’installation.

    Mais la culture et l’histoire de la popmusic peut bien être sacrifié sur l’autel de la gratuité et du partage.
    Tant que des gens « bête de foire »comme matrach sont la pour nous sauver.

  • On peut parler de l’histoire de la musique électronique si tu veux. Des premiers clubs, des DJs / producteurs. Il se trouve que quand j’étais plus jeune je me faisais de l’argent de poche en mixant. 300€ par soirée… c’est pas mal. Je ne parle même pas des vrais artistes de musique electro qui se font des milliers d’euros par soirée.

  • Les plus cher demande 10000 voir le double mais c’est très rare, c’est « l’élite » il ne sont pas représentatif du marché de la musique même si ce sont les fers de lance.

    Sinon le prix est moyennable de 3000 a 700, 800 euro.
    Un dj te fait pas chier avec la technique mais il mixe jamais seul, une bonne soirée c’est 3 dj, on arrive avec les frais de transport, cathering… a un gros minimum de 2500 voir 3000
    Avec la salle etc… le budget revient à 8000, 9000.
    a 10 euro l’entrée, en tant qu’organisateur, tu te fait peniblement un 30 pour cent de benef quand ca marche.
    Et donc t’organise plus ou en tout cas, tu ne le fait pas avec une motivation financiere.
    Si t’organise plus, les djs jouent plus, sur une ville c’est assez simple a observer.

    Mais t’es content parce que même les artistes ou djs qui on les plus gros buzz du moment sont très cool,jamais prétentieux et tu te dis que ta réussi a ramener au moins 500 personnes de ta ville qui se sont déplacé pour les djs et ta soirée.

    Les prochain gros trucs que j’organise avec d’autre on s’attend a 2000 3000 personnes, parceque l’on deja fait dans le même endroit, 10 euro l’entrée dans un immeuble énorme. on s’attend a avoir des sous même si c’est jamais du tout comparable a la somme de travail qu’on y met.

    Pourquoi on s’attend a avoir des sous? parce qu’on paye pas la salle, un promoteur immobilier nous file l’endroit qui attend d’être détruit. on se fait donc une économie de 2000 a 3000 euro, c’est avec cette somme qu’on gagne de l’argent.

    Le marché du concert est en étroit rapport avec celui de l’immobilier et la propriété privé, artistiquement et pécuniairement, cela a si peu avoir avec le marché du contenu.

    Mais bon tu me parle de 300 euro et d’argent de poche, c’est cool, c’est un peu comme matrach.

    Je crois qu’il y’a bcp d’autre solutions que la gratuité.
    C’est une fausse idée de dire que puisque le mp3 est immatériel, son cout est déprécié ou gratuit le cd ou le vynil, ca n’était jamais sa fabrication qui déterminait son prix, mais le budget créa et promo ou marketing qui pouvait être créatifs, je le rappelle (cf:thriller de mj).

    Il faut marginaliser le téléchargement illégal, le rendre comparable a ce qu’il se faisait dans la vrai vie avec les cassettes ou même les cds.

    Des solutions comme itunes store directement sur ton iphones sont génial même si on fait les blasé.

    Si on part du principe qu’un gars achetait 5 cd par an pendant 50 ans, on arrive a 5000 euro par personne il faut qu’il depense au moins 2500 euro dans sa vie en contenu musical virtuel sur des plateformes style itunes lié à des objet connecté et fonctionelle.
    C’est pas du tout impossible.